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Original English
Le Lait Cru
Par Tom Cowan, MD
French Translation by Maurice LeGoy
Je suis presque certain à présent que la plupart d'entre
vous sachiez qu'il y a bien peu de sujets aussi chargés d'émotion
que le choix de son régime alimentaire. Les relations dans le couple,
le mariage et l'argent viennent à l'esprit en tant que questions
aussi chargées émotionnellement et, tout comme pour ce qui
concerne notre alimentation, nous nous donnons l'assurance de tout savoir
de ce que nous devons connaître sur chacun de ces sujets. Le problème
du lait, comme j'ai pu m'en rendre compte au cours de ces quatre dernières
années, s'il est étudié convenablement, remettra
en
question toutes les notions que vous avez acquises sur ce qu'est un aliment
bon pour la santé et ce qui ne l'est pas. L'affaire du lait est
complexe et se présente un peu de la façon suivante.
Revenant en arrière dans l'ère des aliment préparés
industriellement, ce qui dans notre pays se situe au cours des années
1930, le lait était alors considéré comme un aliment
très important, en particulier pour les jeunes. Non seulement des
segments entiers de notre économie étaient bâtis sur
la production de lait, autant que je me souvienne, mais chaque foyer avait
son propre endroit de réception pour le lait frais livré
chaque jour à domicile. Il n'y avait aucun doute que le lait ne
soit pas bon pour chacun
d'entre nous et que la fourniture d'un lait sain en quantité ne
soit pas vital pour la santé et le bien-être de toute la
nation. Il fut un temps, et là je fais référence
à ce qui se passait au début du siècle dernier, où
la plupart des affections dont nous souffrons à l'heure actuelle
étaient rares. A titre d'exemple, les médecins de famille
passaient toute leur carrière professionnelle sans jamais voir
un malade présentant une quelconque de ces maladies, que ce soit
une affection cardio-vasculaire, un cancer du sein ou de la prostate,
alors que nos praticiens contemporains ne peuvent guère passer
un mois sans être en présence d'un malade atteint de l'une
ou l'autre de ces maladies. Bien plus encore, ainsi que l'ont découvert
des scientifiques tels que Weston Price, il y avait des endroits un peu
partout sur notre planète où des populations entières
jouissaient
d'une santé exemplaire et vivaient très vieux sans souffrir
de ces maladies, alors que les produits laitiers étaient les aliments
de base de leur régime alimentaire, preuve s'il en était
besoin de ce que le lait et les produits qui en sont dérivés
sont parmi les aliments les plus sains que l'homme ait jamais découverts.
Si nous nous tournons vers les années 1980, nous nous trouvons
en présence d'un tout autre tableau. D'un côté, nous
sommes en présence d'un nombre incalculable de livres qui ont été
publiés durant la décennie précédente sur
les dangers présentés par les produits laitiers, celui ayant
eu la plus grande influence étant celui de Frak Oski, MD, président
de la clinique pédiatrique de l'Université John Hopkins,
et peut-ête le pédiatre ayant la plus grande influence dans
notre pays. Le titre en est "Ne buvez pas de
lait". Dans ce livre, Oski relie à peu près tous les problèmes
se santé chez les enfants à la consommation de lait, que
ce soient les affections aiguës ou chroniques de l'oreille, la constipation,
l'asthme, l'eczéma, etc... De l'autre côté, nous nous
trouvons en présence de gens qui, à leur première
consultation, nous annoncent fièrement qu'ils ont une bonne alimentation
et que, en particulier, ils ne consomment pas de lait, mot
qu'ils prononcent avec tout le dédain possible.
On est en droit de s'interroger sur ce qui est vrai dans tout cela.
Sans doute, les expériences du Docteur Francis Pottenger dans les
années 1940 peuvent-elles apporter un peu de lumière dans
cette controverse. Le Docteur Pottinger a nourri un groupe de chats avec
un régime contenant du lait cru, de la viande crue et de l'huile
de foie de morue. Trois autres groupes de chats recevaient à la
place du lait cru, soit du lait pasteurisé, soit du lait concentré
sucré, soit de la poudre de lait. Les résultats de l'essai
furent étonnants et probants. Ceux qui étaient au lait cru
se portèrent à
merveille et vécurent longtemps, en bonne santé, actifs
et sans aucun symptôme de maladies dégénératives.
Ceux au lait pasteurisé contractèrent des affections aiguës
(vomissements, diarrhées) et succombèrent à cause
de toutes les sortes de maladies dgénératives qui sont le
lot de nos contemporains, bien qu'ils aient reçu viande crue et
huile de foie de morue. A la troisième génération,
la majorité des chats étaient stériles et présentaient
des troubles du comportement "anti-sociaux". En fait comme les
Américains d'aujourd'hui.
Depuis les années 1940, les "qualités" du lait ont fait
l'objet d'études extensives, afin d'essayer de trouver l'explication
de ces changements dramatiques. Les études ont montré que
si on ne le chauffe pas, le lait est un aliment vivant, riche en colloïdes
minéraux et en enzymes nécessaires à la digestion
et à l'utilisation des sucres, des graisses et des minéraux
qu'il contient. Par exemple, la phosphatase du lait est indispensable
à l'absorption du calcium contenu dans le lait. La lactase permet
la
digestion du lactose.
La graisse contenue dans le beurre possède un facteur thermolabile(détruit
par la chaleur), du type de la cortisone, qui empêche les affections
articulaires. Le lait cru contient des bactéries lactiques qui
sont favorables, tout comme l'acide lactique, à l'implantation
d'une flore lactique dans notre tube digestif. La pasteurisation détruit
tous ces avantages. Une fois chauffé, le lait devient une sorte
de "pourriture",
avec des minéraux précipités qui ne sont pas absorbables
(d'où l'ostéoporose), avec du sucre qui ne peut pas être
digéré (d'où les intolérances au lait), et
de la matière grasse toxique.
Le lait cru a été utilisé comme agent thérapeutique,
dans les médecines populaires, -et également à la
Clinique Mayo-, des siècles durant. On l'a utilisé, avant
la découverte de l'insuline, pour lutter contre le diabète
(j'ai essayé, ça marche!), aussi bien que contre l'eczéma,
les allergies, les vers intestinaux, et l'arthrite, toutes raisons que
l'on peut fort bien expliquer quand nous considérons ce qui se
trouve dans le lait cru (comme
les analogues de la cortisone contre les allergies et l'eczéma
par exemple).
D'un autre côté, nous portons atteinte aux qualités
du lait cru en distribuant aux vaches laitières des concentrés
riches en protéines à base de soja et autres denrées
alimentaires non appropriées. C'est vraiment exceptionnel de rencontrer
quequ'un qui soit allergique au lait d'une vache au pâturage.
Le lait cru frais, produit par des vaches nourries avec de l'herbe verte,
enrichie par une fumure adéquate, est un aliment vivant, complet,
n'ayant subi aucune modification. Comparons-le avec le soi-diant soja
"sain", qui a été lavé et relavé dans les
acides et les alcalis, ultra-pasteurisé, et ayant fait un séjour
de plusieurs mois sur les étagères d'un magasin...
Les essais de Pottinger sur les chats donnent une grande leçon,
simple mais profonde pour tous les Américains. Les aliments préparés,
ces aliments "morts pour ainsi dire, ne sont pas capables de maintenir
la vie convenablement, ni de donner une société qui marche
bien et où l'on soit heureux. Il faut que nous revenions à
la consommation d'aliments frais, complets, non transformés, y
compris du lait cru produit par des vaches au pâturage.
Dans ma clientèle, c'est par là que je commence toujours.
J'encourage les gens, j'insiste auprès d'eux, je les prie même
de manger des aliments vrais, quels que soient leurs problèmes.
Il arrive que cela suffise à les guérir. Alors, trouvez
vous votre vache, un fermier, assurez-vous que la vache( ou la chèvre,
ou le lama, ou n'importe quel animal produisant du lait) soit en bonne
santé et reprenez le chemin du retour à la vôtre (de
santé).
Reprinted from the
Price-Pottenger Nutrition Foundation Health Journal
Vol 21, No 2
(619) 574 7763
Commentaires
Ne laissons pas aux Américains le soin de ré-inventer le
"Véritable Camembert de Normandie", au lait cru et à la
"main", au cas où il viendrait à disparaître. Car
il y a un précédent. C'est un médecin américain,
le docteur Knirim, qui fit élever une statue en l'honneur de Marie
Harel, en la bonne ville de Vimoutiers, en l'année 1928. Il lui
était reconnaissant de la guérison des malades qu'il soignait
avec succès en leur faisant
ingérer du camembert, américain sans doute, mais fabriqué
à la mode des Normands. Détruit par les Allemands en 1944
lors du débarquement allié, le monument fut reconstruit
en 1953, grâce à une souscription faite auprès des
400 employés de la fabrique de fromages de Van Wert, dans l'Ohio,
celle qui fabriquait les camemberts grâce auxquels le docteur Knirim
s'était guéri de ses maux d'estomac, tout comme les nombreux
malades à qui il avait donné la recette.
Heureusement nous n'en sommes pas encore là. Mais l'Europe a déjà
trop fait pour la disparition du patrimoine fromager français avec
les outrances des mesures d'hygiène que certains pays veulent nous
obliger à mettre en application.
Il est temps de s'unir des deux côtés de l'Atlantique. Américains,
Canadiens, Français, Italiens, Suisses, Grecs et Espagnols, et
même Britanniques : tous dans le même combat! —Maurice
LeGoy
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